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L'immobilier post-Covid

13/07/2020

Voilà plus de deux mois que le secteur de l’immobilier a entamé sa reprise. L’heure est désormais au premier bilan. L’Office des Propriétaires dresse un état des lieux sur le secteur de l’immobilier belge en période de déconfinement.

En juin dernier, ING dévoilait dans son baromètre des investisseurs que 52% des investisseurs belges avaient reporté provisoirement leur achat tandis que 8% d’entre eux y avaient totalement renoncé. Des chiffres interpellants pour les professionnels du secteur qui imaginaient le pire des scénarios, mais qui fort heureusement, n’étaient qu’une fausse alerte. Malgré la mise en place de mesures (parfois restrictives) par le Fédéral, l’immobilier a toujours la cote auprès des Belges.

Une reprise sur les chapeaux de roue

S’il est encore difficile de dresser un bilan pour chaque Région et Province du pays, une tendance générale semble toutefois se dessiner. Nombre record de visites, ventes en hausse, forte demande de location sont autant de signes encourageants pour le marché de l’immobilier. A titre d’exemple, lors de la semaine de la reprise, ce ne sont pas moins de 12 500 annonces qui furent postées sur le site internet Immoweb. Le nombre d’échanges de mail au sujet de biens a augmenté de 60% par rapport à la première semaine du mois de mars, soit quelques jours avant l’instauration du confinement. De plus, les acteurs du secteur s'accordent à dire qu'il existe un équilibre entre l'offre et la demande comme en témoignent ces propos d’Eric Vanderlinden, administrateur délégué de l’agence Trevi : « On est dans un équilibrage de marché tel que tout le monde devrait être satisfait, nous ne sommes pas confrontés à une suroffre ou une surdemande, la période est positive. »

Quid des prix des biens ?

Si le Covid-19 a littéralement gelé le marché de l’immobilier durant la période de confinement, ses répercussions sur les prix des biens seront minimes, soit une diminution de l’ordre de 2,5%. Cette observation, Belfius l’explique principalement par la baisse des revenus des ménages : « Nous nous attendons à ce que la récession s’accompagne cette année d’une diminution du revenu des ménages, ce qui entraînera une baisse des prix de l’immobilier résidentiel de 2,5 à 3% en 2020. » De son côté, ING confirme ce constat, et entrevoit une issue favorable quant à la suite en expliquant que l’économie pourrait très vite se redresser.

Qu’advient-il des prix des biens ?

L’Histoire nous a appris qu’il existe une corrélation entre la croissance économique et le nombre de transactions immobilières. Dans son rapport intitulé Le Coronavirus et son impact sur le marché immobilier, ING explique qu’après une crise économique, les transactions immobilières connaissent généralement une reprise vigoureuse. Comment expliquer ce scénario ? Tout d’abord, ces transactions immobilières représentent une nécessité. En effet, les citoyens belges continuent à déménager et ont donc besoin d’un toit sous lequel vivre. Certes, ce projet de vie peut être reporté dans le temps, mais il ne peut pas l’être indéfiniment. Ensuite, une crise économique exerce une influence sur les prix du marché immobilier. De fait, une crise aiguë provoque souvent une baisse des prix, ce qui entraine une reprise de l’activité du marché. Enfin, ING estime que le nombre de transactions immobilières devrait repartir à la hausse durant le second semestre de 2020, après une forte baisse observée lors du premier semestre de l’année.

Le jardin, grand vainqueur du confinement

C’est un fait, le confinement exerce une influence sur le comportement d’achat des Belges. En effet, la cuisine, le jardin et le bureau figurent à l’heure actuelle en haut de la liste des critères de recherche des Belges. La période de confinement, mais aussi le télétravail, ont permis aux citoyens Belges de (re)goûter aux plaisirs simples de la vie et de s’adonner à des activités autrefois jugées « banales » mais qui aujourd’hui ont un tout autre sens.

Une enquête a récemment été menée par le groupe immobilier ERA sur près de 1200 Wallons et Bruxellois. L’objectif ? Examiner le comportement des Belges quant aux choix de logement en période de déconfinement.

Le résultat est sans appel. L’enquête montre que 80% des Bruxellois et des Wallons ne souhaitent plus investir dans une maison sans jardin et 78,9% ne veulent plus d’appartement sans terrasse. La raison ? La prise de conscience de la valeur de tels espaces comme le souligne Johan Krijgsman, CEO d’ERA Belgique : « En période normale, on n’en prend pas nécessairement conscience puisqu’on sort, on va travailler, on peut se promener où on veut. Mais quand on reste confinés deux mois, c’est autre chose. »

Cependant, il n’est pas toujours possible de trouver une habitation disposant d’un jardin ou d’une terrasse. Dans un tel cas de figure, près de la moitié des personnes sondées souhaitent la présence d’un parc ou d’un espace vert à proximité de leur logement. De la même manière, une surface habitable plus grande constitue un critère majeur pour 39% des répondants.